11 mars 2016

11 Mars, Fukushima

http://discove-rin.blogspot.com/2016/03/11-mars-fukushima.html

Hey hey !

Actuellement j'habite à Tokyo pour une durée de deux mois et demi pour un stage d'enseignement, et aujourd'hui nous sommes le 11 mars 2016, date du 5ème " anniversaire " de la catastrophe de Fukushima. Chaque année sur mon compte Facebook j'écris un petit article en hommage aux victimes de la catastrophe, cette année je vais profiter de mon blog pour pouvoir m'étendre un peu plus.

Lorsque la catastrophe ayant touché Fukushima est parvenue aux infos en Mars 2011, je vous jure que ça m'a vraiment serré le coeur. Je suis très attachée au Japon et sa culture depuis que je suis petite, je n'y étais encore jamais allée mais à l'époque en 1ère année de fac, je prévoyais de consacrer mes études universitaires au Japonais et donc y voyager. Autant vous dire que les images de France 2 (oui parce que quand il s'agit d'infos je boycotte TF1 ou France 3) m'ont secouée. J'ai aussi eu le droit à la série de blagues stupides du genre " ah ben tu n'as plus besoin d'aller au Japon ou d'apprendre le Japonais du coup ! " ou alors " ah, le Japonais va devenir une langue morte ! " ... J'ai beaucoup d'humour, et je suis parfois une adepte de l'humour noir mais là c'était de mauvais goût. En plus j'ai appris la nouvelle en sortant du boulot où j'avais reçu plein de sms d'amis me disant " tu as vu ce qui s'est passé au Japon ?? ". Bref.

Trois ans plus tard, en Mars 2014, je suis au Japon en échange universitaire. Je crois que j'étais à Kyoto ou à Osaka le jour de la commémoration, et puis j'ai eu une discussion avec mon copain Japonais que je fréquentais à l'époque. Il m'a avoué vouloir voyager dans le Tôhoku (la région sinistrée) afin de voir de ses propres yeux ce qui s'était passé et où en étaient les habitants 3 ans plus tard. J'ai un peu hésité, ayant peur de ne pas être à ma place ou d'apparaître aux yeux des Japonais comme la petite étrangère intruse qui vient fourrer son nez dans les affaires des autres. Mais du fait que j'y allais avec un natif, ça m'a rassurée et j'ai accepté.


Nous avons effectué un voyage de 4 jours dans cette région, en évitant bien soigneusement Fukushima (curieux mais pas téméraires, ni suicidaires, je pense que mon père m'aurait tuée). Je ferai un dossier plus tard sur ce voyage, mais nous avons visité une ville du nom d'Ishinomaki qui a littéralement été ravagée par le tsunami. Et franchement ça m'a pris aux tripes et le choc était tellement violent que même les larmes n'ont pas pu couler. 2 ans plus tard je ressens encore ces émotions très nettement comme si je venais de les vivre. Une zone résidentielle tout entière balayée par la mer, des photos avant / après pour montrer aux visiteurs l'étendue des dégâts. Clairement, il n'y avait plus rien. Juste de l'herbe sèche et complètement morte.



Et puis il y avait une maison, se dressant seule et fièrement au milieu de nulle part. Ca m'a impressionnée que des gens vivent encore ici après le drame, et la maison paraissait neuve alors je me suis dit qu'en plus ils avaient construit après la catastrophe. Eh bien je me suis lourdement trompée. En contournant ladite maison, j'ai réalisé qu'elle n'était plus qu'un tas de ruines, les murs arrachés, les fenêtres brisées, le toit troué, les meubles sans dessus dessous et le canapé sortant à moitié du mur ... En vérité seule la façade que j'avais vu en premier était intacte, et je pense que les habitants l'ont laissée là en hommage, en guise de mémorial, à l'instar des restes du dôme de la bombe A à Hiroshima. C'était vraiment une expérience traumatisante que de se balader à Ishinomaki. Dans les restaurants et les boutiques, des centaines de mots d'encouragement aux habitants écrits par des touristes ou des voisins ou les habitants eux-mêmes m'ont touchée jusqu'à m'en faire monter les larmes. C'était vraiment dur mais je suis heureuse d'avoir vécu cette expérience unique.




Aujourd'hui comme chaque année, je ferai une minute de silence à 14h46 (cette année au travail avec tout le personnel), heure de la catastrophe, en hommage aux victimes. Ce geste n'apparaît peut-être comme rien aux yeux de certains mais je pense que si tout le monde se rassemble ainsi, il y a toujours de l'espoir pour l'humanité. Et puis c'est une catastrophe naturelle, je ne ressens pas la même chose que pour les attentats par exemple, ce n'est pas la même douleur qui me noue l'estomac. J'ai beau être Française et n'être attachée au Japon que par mon coeur, je me sens aussi concernée que si j'y avais toujours vécu.

Opinions

  1. C'est tellement horrible ce qui s'est passé. Je ne pense que j'aurais trop pleuré ou j'aurais pas réalisé sur le moment, je sais pas.

    Ce qui est énervant avec les médias c'est qu'ils te remplissent la tête pendant des jours lors de la catastrophe et après ils passent à autre chose, ils en parlent quasiment plus comme si ce n'était jamais arrivé.

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Ouais, je sais pas, moi j'ai été traversé par tellement d'émotions différentes par rapport à ça que bon ...

      C'est tellement ça, c'est oublié, mort et enterré quoi.

      Supprimer